Abdelkader BENHAR

_____________

Dans ce récit j’ai tenté de mettre en dialogue le fond et la forme. L’ouvrage relie autant d’évènements à autant de lieux qui les ont abrités.

Les images en noir et blanc et les propos auxquels elles sont associées ne forment qu’une seule entité. Les deux s’entremêlent dans une dualité qui traduit le caractère conflictuel de la cité minière et son fond comme l’illustre ce livre.

Quand les décideurs de ces lieux comprendront enfin l’essentiel des responsabilités et devoirs qui leur incombent, j’espère que d’autres publications, en couleurs, verront le jour.

La dilapidation du patrimoine minier est une œuvre consciente et préméditée par des décideurs, et exécutée par une frange de responsables locaux.

Ce récit n’est pas l’émanation d’un esprit nostalgique, malgré la profonde tristesse mêlée au sentiment d’impuissance que nous éprouvons tous face à cette destruction.

Ces lieux représentent l’histoire de notre cité. Le texte entretient une liaison organique entre eux et les évènements qu’ils ont abrités. Les photos choisies illustrent les détériorations ou destructions que ces lieux ont illégalement subies à des fins inavouées.

Le four de Moussa ou Le dinosaure de Hassi-Blal ou encore Dar Essaboune… Tous ont été rasés.

Est-il concevable qu’un jour on abatte, même par décret, le vieux four de la ville ancienne de Rabat ? Qu’on y songe même ? Alors pourquoi ce laisser-faire à Jerada ?

Ce livre n’est pas un recueil de souvenirs ni un conte. Il est un document qui résulte d’une histoire populaire et de la mémoire collective de tous ceux qui y ont vécu. Il décrit à différents niveaux les relations diverses entre les citoyens qu’elles soient sociales, humaines, syndicales ou religieuses.

La mine a structuré la cité minière par ses réalisations et ses services divers. Les personnages réunis ici autour de ses mineurs y sont fortement attachés.

Directement ou indirectement, ce livre émane de la mémoire des gens de cette ville.

Des gens que l’on estime beaucoup pour la noblesse de ce qu’ils nous ont laissé en mémoire. Ces personnages sont une valeur inestimable par leur attachement à leur ville et l’amour qu’ils lui témoignent.

* * *